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Atelier Laddi

La Passion du Cuivre

 
 
 
 
 

Critique d’art de Bertrand Naivin 

Mise en voix du texte du critique et historien de l’art de B.Naivin :

https://www.oeuvrequiparle.com/AA3305

De tous les métaux, le cuivre est sans nul doute l'un des plus chaleureux. Les Grecs de l'Antiquité l'avaient bien compris qui l'associèrent à Aphrodite, déesse de l'amour et de la séduction. Il est aussi le métal de la métamorphose, d'un rouge qui devient vert sitôt qu'il est oxydé et fut le premier  travaillé par l'homme. 

Ce qui lie pour sa part Adel Laddi à ce materiau, c'est d'abord l'enfance. Celle passée dans l'atelier de son grand frère, Issam Laddi à Alger. Celui-là même où il commencera à travailler à l'âge de quinze ans et où il s'initiera à la technique du « cuivre repoussé », collaborant même avec l’un des Maîtres artisans de la capitale algérienne, Noureddine Mohamed. Mais c'est aussi son Maghreb natal où le cuivre est le matériau noble le plus disponible et où il est façonné depuis des siècles. Dès lors continuera-t-il de le travailler une fois arrivé en France et, devenu artiste, de l'intégrer dans ses œuvres. Un moyen pour lui de garder un lien avec son pays et ses racines, lui qui se fera alors l'ambassadeur de cet art millénaire. 

Adel Laddi entretient donc avec ce métal une relation forte et intime, au point d'en faire l'expression d'une existence faite de révolutions multiples. Celle du départ d'Algérie tout d'abord, qu'il quitta pour s'installer en France. Celle ensuite qui le fit abandonner le statut d'artisan à Alger pour celui d'artiste à Paris. Celle enfin de cette matière qu'il entreprit de mêler à la peinture une fois arrivé sur le sol français. Sans doute une façon pour lui de faire se marier ces deux cultures, celle de son passé et celle de son avenir. C'est en tout cas ce que l'on ressent à la vue des reproductions de marchés parisiens ou de Notre Dame de Paris qu'il fit en 2015 sur des plaques de cuivre. Nous y voyons alors finement dessinées dans le métal des images d'Epinal de cette capitale des arts. Des clichés d'un Paris idéalisé et fantasmé auquel il rêvait peut-être étant enfant, pendant que son aîné se battait avec la matière mordorée. Comme lorsqu'il exposa à la galerie parisienne 3f en février 2021 un buste en plâtre de femme, Holly Marianne, recouvert du métal rouge, et drapé d'un linge laissé blanc, rappelant la statuaire classique. De même quand il maria la tradition artisanale du cuivre à la contemporanéité urbaine de la bombe aérosol (Just Human) qu'il expérimenta en 2020 à l'occasion de l'exposition Déconfinement qui eut lieu à l’Atelier 110 à Paris. Là encore, la rencontre de deux cultures, de deux époques, de deux temporalités. 

C'est d'ailleurs ce qui le passionne et le meut. Ce mélange de deux pratiques, celle du cuivre et celle de la peinture ou de la bombe, aux temporalités très différentes, voire opposées. Il aime ainsi confronter le temps long et fastidieux du travail sur plaque métallique à celui plus court, spontané et explosif de la peinture. Cette dernière lui permet donc de rompre avec le caractère monochrome du cuivre, mais aussi de donner de la souplesse, de l'énergie et de la chaleur à cette matière rigide et froide. De même aime-t-il associer le temps de la touche, de la coulure ou du jet de peinture qui résultent d'un moment fixé sur le support, au présent du cuivre où se meuvent en direct les reflets du monde environnant. Aux motifs peints comme aux dessins gravés qui demeurent, la réflexivité du métal apporte l'impermanence vivante de la lumière et des corps qui s'y reflètent. D'un côté le mouvement figuré. De l'autre le mouvement figurant, emplissant la surface orangée de mille motifs toujours différents. 

Adel Laddi est donc l'artiste des révolutions. Non pas seulement au sens politique, même si il rendit hommage au « Hirak », le mouvement de protestation lancé en février 2019 contre le règne de Bouteflika en Algérie, dont il célébra les deux ans en publiant avec l'auteur MC-Vidja Hirak, l'Art évolution du sourire aux éditions Nombre7. Mais avant tout celles qui firent de l'histoire de l'art un champ de possibles à explorer, comme celles qui façonnent nos vies. Ces existences faites de souffrance et de plaisir, de tâches laborieuses et d'explosions spontanées, de passé et de présent, et que le cuivre de Adel Laddi reflète si poétiquement.

 

Actualités

Articles et interviews

Ma vision de l'art : un entretien avec Atelier Laddi

​Adel Kamal Laddi se veut l'ambassadeur d’un art peu connu puisqu’en manque de visibilité, « Le cuivre repoussé ».  Après plusieurs années de travail dans l’atelier familial à Alger, il décide de voler de ses propres ailes. Ses pérégrinations le conduisent, en 2009, à Paris où il décide de poser ses valises. De son vécu, ses voyages et les rencontres qui ont jalonné sa vie, ressortiront des œuvres uniques mais aussi des idées nouvelles. Adel Kamal Laddi dispose d’un atelier en banlieue Parisienne. Cet enfant de Hydra qui fit toute sa formation à Alger, est fier aujourd’hui de se poser en digne porte-parole de cet art contemporain qu’il tente au gré de son imagination d’adapter au moment et aux événements qui font l’actualité.

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Adel Kamal Laddi wants to be the ambassador of a little-known art, lacking in visibility, "Relief Copper". After several years of working in the family workshop in Algiers, he decides to stand on his own feet. His peregrinations lead him, in 2009, to Paris where he decides to put down his suitcases. From his experience, his travels and the encounters that have marked his life, unique works but also new ideas emerge. Adel Kamal Laddi has a workshop in the Parisian suburbs. This child of Hydra who did all his training in Algiers, is proud today to pose as a worthy spokesperson for this contemporary art that he tries according to his imagination to adapt to the moment and to the events that make the actual times.

Article parut dans Salama Mag 


Adel LADDI a été l’invité de l’Atelier 110 cet été, pour une exposition individuelle sous le thème du « Déconfinement », un évènement haut en couleur qui rend compte de l’actualité sanitaire très particulière que rencontre le monde entier.



Adel Laddi est né à Alger au début des années quatre-vingts où il suit sa scolarité,  ses études universitaires et sa formation artisanale et artistique. 

Issu d’une famille d’artistes, à l’instar Obélix, Adel tombe très jeune dans la soupe ; alors qu’il n’a que 10-12 ans, il est influencé par son frère aîné Issam Laddi qui collabore avec l’un des Maîtres artisans du cuivre à Alger, Noureddine Mohamed.

Dès l’adolescence, Adel se prend de passion pour les métaux et plus particulièrement pour le cuivre et travaille comme apprenti auprès de son frère et de son mentor pour se former à la technique du « repoussage du cuivre ». 

À l’âge de 20 ans et en parallèle de ses études universitaires en économie, il reprend l’atelier familial pour y travailler pendant dix ans avant de s’envoler vers la France.


À son arrivée à Paris, il occupe le poste d’animateur dans des écoles élémentaires où il travaille avec des enfants aux quels il essaye de transmettre sa passion des arts plastiques (dessin, peinture, sculpture, collage …etc.) afin d’éveiller leur curiosité artistique et de déceler des potentialités souvent ignorées.   

Après avoir pris ses marques dans sa ville d’adoption, l’artiste revient à sa première passion et reprend le façonnage du cuivre. Il grave en monochrome sur ce métal les motifs et les objets que lui inspire sa culture d’origine, comme les bijoux berbères, les monuments des grandes villes d’Algérie ou les vestiges des sites archéologiques antiques.


Pour cette nouvelle exposition individuelle courant juillet 2020 a regroupé 20 œuvres, Adel LADDI se renouvelle et innove en travaillant le cuivre de manière différente et plutôt atypique en tentant de moderniser cet artisanat ancien ; il y introduit d’autres techniques telles que celles du street art ou du collage et apporte de la coloration avec de l’acrylique ou des bombes de peinture.

En outre, pour cette exposition intitulée « Déconfinement », il choisit des sujets très éclectiques, il grave et peint des paysages naturels et des paysages urbains, des calligraphies et se lance dans l’art abstrait.

Pour ces créations, il s’inspire de sa culture, mais aussi d’évènements notables qui se sont produits tout au long de l’année 2019, comme le « Hirak », le mouvement de protestation lancé en février 2019 en Algérie, ou encore l’incendie survenu en avril 2019 à la cathédrale Notre-Dame de Paris.


Enfin, pendant l’étrange et longue période de confinement printanière due l’épidémie mondiale de la Covid-19,  Adel s’est exercé à la peinture de paysages naturels et a peint 10 aquarelles. Il nous avoue que la période de confinement en France entre le 17 mars et le 11 mai 2020 a été bénéfique pour la nature et pour le climat et a révélé en lui un véritable sentiment de manque et de besoin de nature qui ont été très favorables à la création et à l’organisation de cette exposition lumineuse et colorée.

Soraya DJOUADI  

Légendes photos :

1. Adel LADDI – Portrait – Paris, Juillet 2020 – ©Adel LADDI  

2. Adel LADDI – Hirakographie – Paris, Juillet 2020 – ©Adel LADDI  

3. Adel LADDI – Notre Dame de Paris – Paris, Juillet 2020 – ©Adel LADDI  

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Exposition galerie 3f

Exposition individuelle du 22/02/21 au 28/02/21

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